Birmanie: Total annonce la suspension de la distribution aux actionnaires de MGTC

Reuters

Publié le 26/05/2021 17:13

Mis à jour le 26/05/2021 18:26

PARIS (Reuters) - Total (PA:TOTF) annonce mercredi la suspension de toute distribution aux actionnaires de l'entreprise birmane Moattama Gas Transportation Company (MGTC), dont il fait partie aux côtés de la Myanmar Oil and Gas Enterprise (MOGE), contrôlée par l'armée birmane qui a pris le pouvoir par la force en février.

"Compte tenu du contexte instable au Myanmar, suite à une proposition conjointe par Total et Chevron (NYSE:CVX) lors de l’assemblée générale de MGTC du 12 mai dernier, toutes les distributions aux actionnaires de cette société ont été suspendues", explique le groupe dans un communiqué.

MGTC est propriétaire du pipeline qui achemine le gaz provenant du gisement de Yadana jusqu’à la frontière entre le Myanmar et la Thaïlande.

Total est l’opérateur de ce gisement et le premier actionnaire de MGTC avec 31,24% du capital de cette société.

Les autres actionnaires de MGTC sont l’américain Chevron (28,26%), le thaïlandais PTTEP (25,5%), et l’entreprise publique birmane MOGE (15%), contrôlée par les militaires.

Début mai, le journal Le Monde affirmait que la MGTC, domiciliée aux Bermudes, se trouvait au coeur d'un montage financier complexe utilisé par Total et ses partenaires depuis les années 1990, qui a permis aux militaires au pouvoir en Birmanie de détourner des caisses de l’Etat des centaines de millions de dollars provenant des ventes du gaz produit dans le pays.

Total a réfuté ces accusations et réitéré mercredi son souhait de poursuivre son activité dans le pays, malgré le coup d'Etat de la junte militaire qui réprime violemment le mouvement pro-démocratie.

"Total continue d’opérer le champ de Yadana de façon responsable, en maintenant la production de gaz dans le cadre des lois en vigueur, afin de ne pas interrompre la fourniture d’électricité qui est indispensable aux populations du Myanmar et de la Thaïlande", écrit la major pétrolière dans son communiqué.

Total dit condamner "la violence et les abus des droits humains" et assure qu’il respectera toute décision qui pourrait être prise par les organisations internationales ou nationales compétentes, "y compris les sanctions applicables imposées par

les autorités européennes et américaines".

Des groupes de défense des droits avaient demandé en mars à Total de suspendre ses paiements à l'État, contrôlé par l'armée depuis le 1er février.